Je vais souvent traîner en fin d'après midi
Sur le bord de rivières que je connais par coeur
J'y plante des pensées aux formes engourdies
Et quelques roses rouges dont je choisis l'odeur
Je les arrose parfois d'une goutte de pluie
Recueillie le matin quand la triste pâleur
Des histoires d'amour a remplacé l'ennui
Des journées solitaires ou l'on compte les heures tout bas ...
Et alors, fatiguée,
Etourdie du vacarme et lassée des journées,
Je cherche le silence et la nuit pour pleurer
D'autres fois je m'en vais dès que la nuit tombe
Dans les cimetières tranquilles garnir les monuments
De bouquets de violettes puisque le rite incombe
D'être petit, serré et groupé la dedans
Quand les jours de repos je grimpe sur le clocher
Je regarde les collines décorées par mes mains
De pivoines de chine et de chardons penchés
Sur les vagues de lotus, d'asphodèles et de lin
Je ferme alors les yeux je ne suis pas inquiétée
Par les cloches des glaïeuls qui sonnent le tocsin
Je suis prêt à mourir pour une éternité
Pour peu que l'on me dise qu'on ait aussi besoin ...
De moi.